Un instantané sur l'histoire de Sainte-Eulalie

L'érection canonique de Sainte-Eulalie a été décrétée le 3 octobre 1857 et la paroisse a été érigée en municipalité civile par Proclamation du Gouvernement Monk le 18 juillet 1862.

Dès l'automne 1861, Noé Tourigny, venant de Sainte-Grégoire, commence à défricher le premier lot de la concession. La plupart des colons qui s'établiront dans la paroisse au début de la colonisation venant d'ailleurs de Sainte-Grégoire dont plusieurs étaient de descendance acadienne.

La première église est érigée en 1872. Devenue vraisemblablement trop exiguë, elle sera remplacée par l'église actuelle dont les travaux avaient débuté en 1904. Elle sera livrée aux paroissiens le 10 juin 1906.

La municipalité scolaire est instituée par ordre du Gouverneur en Conseil le 1er mai 1861 et la Caisse populaire verra le jour le 18 février 1935 alors que 22 sociétaires souscrivent chacun une part sociale de 5$.

Sainte-Eulalie s'est dotée, au cours des ans de plusieurs services communautaires. Un comité de loisirs avait vu le jour en 1948, mais c'est en 1967 que les Loisirs de Sainte-Eulalie sont incorporés. En 1979, sous l'égide des "Chevaliers de Colomb," sept organismes s'unissent pour créer «L'Accord» qui se donne comme mission de doter la paroisse d'un centre communautaire. Celui-ci sera inauguré le 4 décembre 1982.

Suite à une aide monétaire majeure du programme de «Mise en valeur de l'environnement d'Hydro-Québec», le 14 mars 1987, on procède à l'inauguration d'un important agrandissement du centre communautaire qui devient ainsi une intéressante salle multifonctionnelle au service de la communauté paroissiale.

Le 5 août 1985 marquait l'inauguration de la villa «Bonne Entente», une bâtisse abritant dix logements à prix modique.

Le samedi 4 septembre 1949, un incendie détruit, au village, trois maisons incluant un magasin général et une forge. Suite à ce sinistre, la municipalité acquiert une pompe à feu et fait creuser un puits dans le parterre de l'église. On peut considérer que c'est à ce moment que naît un service d'incendie relativement organisé.

Aujourd'hui, ce service compte près de 20 pompiers volontaires qui disposent d'un camion-pompe, d'un camion-citerne et d'une caserne érigée il y a à peine deux ans. Depuis 1975, le village est doté d'un système d'égoût et d'aqueduc.

  

Le premier colon (D'après les écrits de M. Donat Tourigny, fils de M. Noé Tourigny)

À l'automne 1861, après les récoltes, papa et mon oncle Olivier allèrent faire les premiers défrichements sur le lot que grand-père avait acheté a Sainte-Eulalie. Monsieur Joseph Beaudet qui avait aussi un lot dans les environs fit le voyage avec eux. C'était un lundi du commencement de septembre. Ils partirent gaiement, accompagnés des voeux de leur familles. Ils partaient pour la semaine, à pied, ayant chacun sur le dos, un sac de provisions passé dans leur manche de hache. M. Beaudet s'arrête naturellement sur son lot où il y avait une petite cabane bâtie et il invita ses compagnons à prendre le repas avec lui, ce qu'ils firent avec bonheur.

Ramassant une bonne poêlée de grillades de lard salé, et après avoir dit leur bénédicité ils s'assirent pour prendre leur premier repas que la marche qu'ils venaient de faire avait abondamment assaisonnée. (D'après une lettre de Mme Johnny Vigneault).

La première maison (Propos receuillis auprès de M. Gérard Tourigny, petit-fils de M. Noé Tourigny par Mme Françoise St-Yves-Leblanc)

Dans le cours de l'automne 1861, Noé aidé parfois par ses 2 frères, Olivier et Odilon, s'acharna à faire l'abattage sur sa terre et à équarrir du bois pour bâtir sa maison. Lorqu'il y eut un peu de travail de fait sur la terre, il amena un cheval afin de tirer en lieu convenable le bois de construction qu'il avait préparé.

Au cours de l'été, Noé fit d'abord brûler les abattis faits au cours de l'automne et de l'hiver précédents puis il commenca à ensemencer le terrain de céréales qu'il mîlla abondament. Pendant que croissait cette première moisson, il leva sa maison, la première à construction de Sainte-Eulalie. Le bas comme le haut était tout d'une pièce; le bas avait quatre fenêtres et une seule porte donnant sur la forêt; mais le haut n'avait que 2 fenêtres, une à chaque pignon.

Le tout fut calfeutré avec de l'étoupe apportée de Saint-Grégoire. Plus tard, lorsqu'il y eut un moulin à scie au village, on la couvrit de planches "bouvetées" afin de la rendre plus belle et plus chaude encore. Rosaire Lemay









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