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Qui a découvert le Canada?
Jacques Cartier .
En quelle année?
En 1534.

C’est ainsi qu’a commencé ma première leçon d’histoire alors que j’avais six ans. C’était l’Histoire du Canada, une matière distincte au cours primaire à l’époque.

Devant les succès répétés des explorateurs espagnols et portugais, qui rapportaient d’Asie et des Amériques or, argent, épices et autres richesses, François 1er, roi de France, délègue Jacques Cartier, navigateur d’expérience, afin de poursuivre les découvertes de Verrazano. Ce dernier était un navigateur italien qui est venu à Terre-Neuve en 1524. Déjà, des pêcheurs européens fréquentaient régulièrement les bancs de morue de Terre-Neuve.

Le 20 avril 1534, Cartier quitte le port de Saint-Malo, que j’ai eu le bonheur de visiter en 1993. Donc, après 20 jours de voile, il contourne Terre-Neuve bifurque vers l’ouest et arrive à des Îles connues aujourd’hui sous le nom de Îles-de-la-Madeleine. Il continue et entre dans une baie qui deviendra la Baie de Gaspé. Il met pied à terre et y plante une croix et prend possession des terres au nom du roi de France.

L’autoroute de 1535.

Cartier est revenu au moins 3 fois par la suite. Puis, Québec a été fondé en 1608 par Champlain qui était parti de Honfleur (en Normandie). Ce sera ensuite Montréal qui sera fondé par le Sieur de Maisonneuve en 1642.
Il faut compter 750 km. entre Gaspé et Québec. Théoriquement, on aura pris 74 ans pour coloniser les rives du Saint-Laurent. Car, le Saint-Laurent était l’autoroute de l’époque, la seule route en fait. D’ailleurs, jusqu’au milieu des années 1950, le majorité du transport se faisait encore sur le fleuve. Je reviendrai plus tard sur l’importance de cette immense voie navigable.

Le système seigneurial

Je sais que nous sommes bien loin de la fondation de la paroisse de Sainte-Eulalie, mais il est intéressant de se remémorer quelques aspects de cette forme d’administration de la colonie qui tient beaucoup du régime féodal.
J’emprunte ici quelques lignes à l’ouvrage : «Trois siècles sont appris» relatant l’histoire de Baie-du-Febvre (1683-1983) dont je suis l’auteur. Ma source principale se trouvait dans les ouvrages de l’historien Marcel Trudel de l’Université Laval de Québec.

Le système seigneurial prend son origine dès les débuts de la colonisation de la Nouvelle-France et est considéré comme un moyen efficace de cette colonisation. Le Gouvernement octroie des colonies aux personnages importants, particulièrement à ceux qui se sont distingués dans la défense du pays. À compter de 1727, le système qui consiste à distribuer des terres autour de Québec prend de l’ampleur. Les territoires sont immenses. On concède ces étendues à titre de tenure seigneuriale à ceux qui semblent susceptibles de créer eux-mêmes des regroupements de population. Ce mode de concession prévaut pendant toute la durée du régime français, c’est-à-dire jusqu’au traité de Paris en 1763. Par ce traité, la France remettait le Canada à l’Angleterre.
Mais ça, c’est une autre «histoire».

Ces parties de territoire sont donc attribuées à titre seigneurial à charge pour le seigneur de peupler son domaine. Celui-ci s’installe sur son domaine et fait des concessions de territoire moyennant une rente annuelle. Noter qu’il concède, mais ne vend pas ces terres.
Le proverbe qui dit «à tout seigneur, tout honneur» trouve tout son sens à cette époque. Voici comment un arrêt du gouverneur détermine les droits honorifiques qui lui sont dus.

« Le seigneur haut justicier doit avoir, dans l’église bâtie sur son domaine, un banc dans la place la plus honorable, qui est la droite en entrant, dans la distance de quatre pieds du balustre. Il ira à l’offrande le premier après la personne qui aura offert le pain béni, et ses enfants mâles après lui, et en cas d’absence du seigneur, ses dits enfants mâles qui auront atteint l’âge de seize ans. Aux processions, il marche le premier après le curé, puis ses enfants après lui. (…) La femme du seigneur ira la première devant les autres femmes, et ses filles après elle dans les mêmes circonstances.»

On notera que les seigneuries sont situées uniquement le long du fleuve Saint-Laurent. Il ne peut en être autrement. Les routes sont inexistantes si ce n’est des sentiers forestiers fréquentés par les autochtones. En été, on voyage par bateau et, l’hiver, en voitures tirées par les chevaux sur cette immense surface glacée que devient le Saint-Laurent. On comprend alors l’importance du fleuve en ces premiers temps de la colonie.
Nous n’avons pas encore parlé de Sainte-Eulalie, je le sais…

Les cantons ou townships

Par le traité de Paris signé le 10 juin 1763, le Canada passe à l’Angleterre comme nous l’avons souligné précédemment. Le 28 novembre de la même année, James Murray est nommé Gouverneur Général. Dès le 7 décembre le gouvernement anglais introduit le nouveau mode de concession des terres : le mode des cantons qu’on appelle townships.

Selon ce nouveau régime, les nouvelles terres sont concédées sans redevances alors que sous le régime seigneurial, le colon n’était pas propriétaire. Sous le régime anglais, il est maître absolu. Ce nouveau mode est appelé tenure franche et roturière.

Et Sainte-Eulalie là-dedans?

J’y arrive!

La déportation des Acadiens en 1755 avait amené bon nombre d’entre eux à Saint-Grégoire, en face de Trois-Rivières (situé presqu’à mi-chemin entre Montréal et Québec sur la rive sud). Cette paroisse est défrichée, habitée et colonisée comme toutes les terres de la vallée du Saint-Laurent. Au fil des ans, la croissance démographique fait en sorte que les agriculteurs ne disposent plus de lots pour y établir leurs fils. Ces derniers doivent songer à préparer leur avenir de toute pièce loin de la maison paternelle en défrichant leur propre lot dans les cantons.

Donc, pour s’établir, on doit s’éloigner du fleuve, des territoires des anciennes seigneuries et aller défricher dans les cantons appelés townships en anglais. Sainte-Eulalie est à environ 35 km du fleuve Saint-Laurent.
C’est ainsi qu’à l’automne 1861, après les récoltes, Noé Tourigny et son frère Olivier se rendent sur la terre achetée par le père de Noé, pour commencer le défrichement. On se souvient que l’achat signifie uniquement le paiement de l’enregistrement.

Pour la suite, le site WEB de Sainte-Eulalie est assez explicite quant à son histoire. De plus, il contient plusieurs renseignements assez exhaustifs sur l’ensemble de la municipalité.

L’inusité

De 1939 à 1999, pendant 60 ans, la municipalité a compté 12 maires…et deux secrétaires. Fait particulier, avec Mme Guylaine Champagne, l’actuelle secrétaire municipale, c’est la troisième génération de la même famille qui occupe ce poste. En 1939, M. Alfred Lemay devient secrétaire-trésorier, poste qu’il occupera jusqu’à son décès en 1959. Sa fille Mme Marie-Marthe Lemay et son mari M. Laurent Champagne acceptent la tâche par intérim en attendant que les édiles municipaux embauchent un remplaçant à M.Lemay. Un intérim qui durera 40 ans.

Depuis 1999, c’est leur fille, Mme Guylaine Champagne qui occupe le poste.
Rappelons qu’à leur retraite, Mme Marie-Marthe Lemay et son époux M. Laurent Champagne se sont vu remettre la médaille de l’Assemblée Nationale du Québec par le député du comté Nicolet-Yamaska, M. Michel Morin.

Et plus

Il y a aussi d’autres paroisses de Sainte-Eulalie en France. Entre autres :

- En Auvergne, département du Cantal.
- En Aquitaine, département de la Gironde. (Yahoo indique aussi en Landes).
- En Rhône-Alpes, département de l’Aveyron.

Quelques adresses Web:
http://www.terranet.fr/jmr/eulalie.htm
http://www.auvergnat.com/archivillages/sainteeulaliedolt.htm
http://www.mairie-ste-eulalie-olt.fr/
http://www.vivreaupays.fr/communes/com82.htm
http://www.aurelle-verlac.com/steulali/steulali.htm


La Cantilène de Sainte-Eulalie

Cantilène: Au Moyen âge, poème chanté à caractère épique, dérivant de séquences en latin.

Cette cantilène est le plus vieux texte poétique écrit en français. Il est anonyme et a vraisemblablement été composé en l’an 880 à l’Abbaye de Saint-Armand, c’est à dire moins d’un siècle après la constitution d’une langue séparée du bas-latin mérovingien parlé jusqu’alors en France (langue d’oïl au Nord de la Loire, langue d’oc au sud). On la considère comme l’une des premières oeuvres de l’époque médiévale au même titre que la Chanson de Roland qui remonte pourtant au début du XIIe siècle.

Une autre source dit ceci : Ce poème français se donne comme une transposition romane des hymnes d’église (ou séquences) en latin. Il a été composé à l’Abbaye de Saint-Armand près de Valenciennes peu après 878, date à laquelle on a découvert les reliques de la sainte. Il raconte l’histoire d’une jeune fille martyre qui souhaite conserver sa virginité et sa voix dans le Christ plutôt que de succomber au diable (diaule) et à la déchéance morale.

Le texte comprend vingt-neuf vers rythmiques construits sur l’alternance de temps forts et de temps plus faibles.La traduction de cette cantilène est celle de L. Petit de Julleville.

Eulalie était une bonne jeune fille;
Son corps était beau, son âme belle encore.
Les ennemis de Dieu voulurent la vaincre,
Et lui faire servir le Diable.
Mais elle n’écoutait pas les mauvais conseillers
Qui voulaient qu’elle renie Dieu qui demeure au ciel.
Ni pour de l’or, ni pour de l’argent ou des parures,
Ni pour des menaces, des caresses ou des prières,
Nulle chose ne pouvait forcer (plier)
La fille à toujours n’aimer le service de Dieu.
Et pour cela, elle fut présentée à Maximien,
Qui était en ces jours-là le roi des païens,
Il l’exhorte, sans qu’elle y prète attention
(à ce) Qu’elle fui le nom chrétien.
Elle en rassemble ses forces.
Mieux (valût?) qu’elle soutînt les tortures,
Qu’elle ne perdît sa virginité.
Pour cela elle mourrait en grand honneur.
Ils la jetèrent dans le feu pour qu’elle y brûle.
Elle était sans pêché et pour cela ne brûla pas.
À cela, le roi païen ne voulut croire,
Avec une épée, il ordonna de lui trancher la tête.
La demoiselle ne contredit pas cela,
Et accepta de quitter ce monde, si le Christ l’ordonnait.
Sous la forme d’une colombe, elle monta au ciel.
Tous prions que pour nous (elle?) daigne prier,
Que le Christ nous ait en sa pitié,
Après la mort, et qu’à lui il nous laisse venir
Par sa clémence.

Dans la langue d’origine... et en traduction plus récente.

Qued avuiset de nos Christus mercit: Que le Christ nous ait en sa pitié
Post la mort, et a lui nos laist venir: Après la mort, et qu’à lui il nous laisse venir
Par souue clementia: par sa clémence.


Le Manuscrit de la Cantilène de Sainte-Eulalie, encore existant.

Qui était Sainte-Eulalie? (1)

Eulalie était issue d’une famille illustre de Mérida en Espagne. Dès son enfance, elle témoigna un grand amour pour la virginité et elle ne passait pas beaucoup de temps aux jeux, aux ornements et aux plaisirs mondains.
Déjà, à l’âge de 12 ans, Eulalie, brûlant de zèle pour la gloire de Dieu ne souhaitait rien d’autre que de donner sa vie pour Jésus Christ. Ce désir ardent, qui l’animait constamment, allait à l’encontre des lois de l’empereur parce que celui-ci forçait les chrétiens à sacrifier (des animaux) aux idoles.
Un jour, elle se rendit à Mériba pour rencontrer le gouverneur. Très hardiment, elle se présenta à son tribunal. Elle lui reprochait la fureur qui le poussait à faire périr les âmes en les obligeant à renoncer à leur seul et véritable Dieu : « Si vous cherchez des chrétiens, dit-elle, me voici, ennemie de vos idoles et je confesse un seul Dieu de cœur et de bouche. » En plus, elle ajouta : «Vous pouvez exercer votre fureur sur mon corps; coupez-le, déchirez-le, brûlez-le, mais vous ne pouvez rien gagner sur mon esprit. »

Le gouverneur, irrité par ce discours, essaya de l’intimider en lui faisant voir des supplices horribles : l’épée, les dents des bêtes et le feu, si elle persistait dans sa foi chrétienne…

Comme elle vivait intensément de la présence du Christ, elle se laissa condamner aux pires supplices. Deux bourreaux lui déchirèrent les côtés jusqu’aux os avec des ongles de fer. On lui brûla ensuite le sein et les flancs avec des flambeaux. Au lieu des pleurs, des cris et des gémissements, on n’entendait sortir de sa bouche que des actions de grâce. Enfin, le feu prit à ses cheveux épars, monta bientôt à son visage et à sa tête, et en peu de temps, elle fut étouffée par la flamme.

Son martyre fut suivi de prodiges (miracles) qui effrayèrent les bourreaux et ceux-ci donnèrent droit aux chrétiens d’ensevelir son corps.
Ceci arriva en l’an 304 après Jésus Christ (le 10 décembre).

(1) Extrait de l’album souvenir de Sainte-Eulalie (Québec) paru lors du 140e anniversaire de la paroisse. Ce texte était mis à la disposition des fidèles dans l’église paroissiale, issu de l’un des nombreux martyrologues qui ont eu la faveur au cours des siècles. Dix-huit siècles auront été suffisants pour enjoliver, sans doute, la réalité…

Voilà!


Rosaire Lemay
Le 21 octobre 2001

Et si vous me laissez un mot, vous me ferez un bien grand plaisir.
rolem@tellabaie.net

 

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